Biographie de Rosemonde GÉRARD

La famille Rostand

Louise Rose Etiennette Gérard, dite Rosemonde, est née de « père et de mère inconnus » comme le précise son acte de naissance. Son père le comte Louis Maurice Gérard (1819-1880), fils du Maréchal Etienne Maurice Gérard (1773-1852), la reconnaît en 1868 et lui lègue sa fortune à sa mort en 1880. Rosemonde est donc la petite fille d’un grand homme tour à tour baron d’Empire, général, maréchal puis ministre de la Guerre et président du Conseil en 1833. Cette illustre famille descend de Mme de Genlis (1746-1830), grand-mère de la femme du Maréchal Gérard, gouvernante des princes d’Orléans, notamment du futur roi Louis-Philippe.

Rosemonde Gérard, épouse d'Edmond Rostand

Elevée par sa mère, Mme Lee, qui se présente cependant comme sa « tutrice », Rosemonde Gérard est aussi pupille d’Alexandre Dumas fils et de Leconte de Lisle. Elle reçoit la meilleure éducation et évolue dans les plus hautes sphères littéraires. Cette amoureuse des belles lettres publie Les Pipeaux en 1889 couronné par l’Académie française. Belle, intelligente et fortunée, la jeune fille rencontre Edmond Rostand, alors jeune étudiant, lors d’un séjour à Luchon en 1887. Unis par une commune passion pour la poésie, ils se marient en 1890. Subjuguée par le talent de son époux, elle choisit de sacrifier sa carrière pour servir la gloire de son poète. « Il lui semblait que le temps et l’attention qu’elle vouerait à son œuvre personnelle risqueraient de nuire à celle d’Edmond Rostand. » Maurice Rostand 

L’installation au Pays basque se révèle très dure pour cette femme habituée au charme de la vie parisienne. « N’est-ce pas la nature seule qui retient Edmond Rostand dans ce Pays basque où il n’y avait pas une seule des choses qui amusent les gens de Paris : pas un plaisir, pas une distraction, pas un théâtre… » Rosemonde Gérard 

Le couple se sépare en 1913. Ecrivant de nouveau, Rosemonde publie L’Arc-en-ciel (1926), qui lui vaut les honneurs de l’Académie française. Elle travaille régulièrement avec son fils Maurice et signe de nombreuses pièces de théâtre. Admirative de son défunt époux, elle lui dédie une biographie en 1935 où elle lui rend un hommage vibrant. 

Bibliographie de Rosemonde Gérard

Rosemonde Gérard publie son premier ouvrage de poèsie à l'âge de 24 ans. Les pipeaux seront salués par la critique. 

Poésies

 Les Pipeaux, Alphonse Lemerre, Editeur, Paris, 1889, 139 p., ouvrage couronné par l’Académie Française.

L’Arc-en-Ciel, Eugène Fasquelle, Editeurs, Paris 1926, 308 p., ouvrage couronné par l’Académie Française.

Fééries, Fasquelle Editeurs, Paris, 1933, 311 p.

Rien que des chansons, Fasquelle Editeurs, Paris, 1939, 330 p.

Les Muses Françaises, Fasquelle Editeur, Paris, 1943, 346 p.

Prose

La vie amoureuse de Madame Genlis, ErnestFlammarion éditeur, 1926, 185 p.

Edmond Rostand, Fasquelle Editeurs, Paris, 1935, 204 p. 

Théâtre

La robe d’un soir, pièce en quatre actes, Eugène Fasquelle éditeur, Paris, 1925, 163 p.

Les Masques de l’Amour, théâtre en vers, Fasquelles Editeurs, Paris, 1934, 190 p.

L’Accordeur, pièce en un acte, Editions Smyth, Paris, 1928, 27 p.

Théâtre avec Maurice Rostand

Un bon petit Diable, Féérie en trois actes et vers, Eugène Fasquelle éditeur, Paris, 1912, 216 p. 

La Suite à demain, pièce en trois actes, en vers.

La Marchande d’allumettes, féérie musicale en 2 actes, en collaboration avec Maurice Rostand, 1914

Poèmes choisis de Rosemonde Gérard

Les poèmes d'amour

L'ETERNELLE CHANSON de Rosemonde Gérard
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, 
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, 
Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille, 
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. 
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête, 
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux, 
Et je te sourirai tout en branlant la tête, 
Et nous ferons un couple adorable de vieux. 

LA PRINCESSE LOINTAINE de Rosemonde Gérard
L’amour aux magnifiques flammes
Dirige la nef sur les flots,
Et c’est encor l’amour qui rame
Avec le cœur des matelots ;
Tout autour du frère Trophime,
Tournent, en désordre étoilé,
Tous les vers fameux dont les rimes
Étaient deux ailes pour voler ;

ENFANCE de Rosemonde Gérard
Enfance, merveilleuse ronde
Où le plaisir vous prend la main ;
Minute enchantée où le monde
Semble tenir dans un jardin ;
Aucun souci ne nous effleure ;
La pendule en marbre rosé
N’est rien que la maison de l’heure,
Et l’heure sert à s’amuser ;